Déserts médicaux

Déserts médicaux : le combat continue !

Le problème des déserts médicaux est devenu une cause prioritaire pour le Ministère de la Santé. Deux millions de Français vivent dans ces zones où le nombre de patients par médecin atteint des sommets et où l’accès aux soins d’urgence prend beaucoup plus de temps qu’ailleurs dans l’Hexagone.

Depuis sa prise de fonction, l’actuelle Ministre en charge de la Santé, Marisol Touraine, s’est attelée à résoudre ce problème grâce au Pacte Territoire Santé.

Partant de plusieurs constats alarmants, ce Pacte a pour but d’encourager l’installation des nouveaux médecins dans les zones les moins bien dotées en praticiens. Ce pacte a aussi pour objectif d’inciter les futurs diplômés à se tourner vers la médecine générale, actuellement délaissée mais nécessaire à l’accès aux soins dans les zones rurales.

La situation est inquiétante, même si, à court terme, des mesures ont été prises pour répondre aux besoins de la population. Dans le Loiret, par exemple, plusieurs médecins retraités ont été appelés pour prodiguer des soins en pédiatrie et en gériatrie. Ces praticiens viennent appuyer des professionnels de santé débordés dans un département qui compte en moyenne un médecin pour 1500 patients. Notons par ailleurs que dans certains départements tels que la Corrèze, la Manche, l’Eure ou la Haute-Marne, on dépasse les 2 000 patients pour un médecin. De plus en plus de départements pourraient faire appel à des médecins retraités si rien n’est fait pour attirer de nouveaux généralistes.

Des mesures encourageantes contre les déserts médicaux

Organisé autour de trois axes majeurs et de 12 engagements, le pacte présenté en décembre 2012 doit résoudre le problème des déserts médicaux à l’horizon 2017.

Ce programme a, entre autres choses, pour but d’inciter les actuels étudiants en médecine ainsi que les nouveaux diplômés à se tourner davantage vers la médecine générale, habituellement délaissée au profit d’une spécialisation jugée plus rémunératrice. Il doit aussi amener les jeunes médecins à choisir des zones peu pourvues en professionnels de santé.

D’ici 2017, tous les étudiants devront avoir fait un stage en médecine générale au cours de leur cursus. L’année dernière, 60% des étudiants en médecine ont effectué ce stage chez un généraliste contre 49% en 2012.

En plus de ces stages, le gouvernement a lancé une série de mesures incitatives afin de donner envie aux nouveaux diplômés de s’installer à leur compte dans les zones les plus isolées. Une bourse est attribuée aux étudiants en médecine s’engageant dans ces zones. Un complément de revenu est aussi prévu pour que la rémunération des médecins atteigne 3640 euros bruts par mois. Ces incitations sont fournies dans le cadre des Contrats d’Engagement de Service Public.

D’autres mesures sont également mises en place dans le cadre de ce Pacte afin de répartir les praticiens de manière plus harmonieuse sur le territoire français. Ainsi, les centres pluridisciplinaires sont amenés à se développer dans les années à venir tout comme la télémédecine et l’accès aux soins d’urgence. Sur ce dernier point, rappelons que la ministre de la Santé s’est engagée à faire en sorte que plus aucune zone ne soit à plus de trente minutes d’un centre de soins d’urgence en améliorant l’équipement et la rémunération des médecins correspondants du SAMU.

Pour le moment, les résultats annoncés par le gouvernement sont encourageants, puisqu’on note une nette augmentation du nombre de jeunes médecins s’installant dans les zones rurales et une réduction du nombre de zones éloignées des centres d’accès aux soins.

Une situation qui demeure préoccupante

Pour autant, le combat contre la désertification n’est pas encore gagné, loin de là. Certains chiffres demeurent extrêmement inquiétants. En effet d’après le Conseil National de l’Ordre des Médecins, le constat est plus grave que prévu dans les régions sinistrées. Ainsi, quand deux médecins s’installent dans une de ces régions, 25 d’entre eux partent à la retraite. Un rythme trop soutenu qui pourrait réduire de moitié le nombre de cabinets ouverts dans ces régions à l’horizon 2025 en dépit des efforts fournis par le gouvernement.

L’exercice libéral dans des zones désertées où le nombre de patients par médecin atteint des sommets peut sembler périlleux et peu attractif pour les jeunes diplômés, notamment en raison de la charge de travail et du nombre élevé de documents administratifs. Plus que l’incitation financière ou les aides fournies lors des études, un accompagnement des médecins dans la gestion de leur cabinet pourrait être un moyen efficace de repeupler les déserts médicaux.

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